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COFFRET
CLAIRE SIMON

800 KMS DE DIFFÉRENCE/ ROMANCE

ÇA BRÛLE

  • DOUBLE DVD
  • Documentaire / Drame passionnel
  • France - 2001, 2006
  • Sortie à la vente le 16 novembre 2009
  • Shellac

 

POINT DE VUE
Les deux films de Claire Simon regroupés dans ce deuxième coffret DVD racontent des histoires d’amour « impossibles ». Dans 800 km de différence, la jeune Manon est amoureuse de Greg, un apprenti boulanger. Elle habite Paris tandis qu’il vit dans un petit village du Haut Var. Si c’est la distance qui sépare les amoureux de ce documentaire, c’est la différence d’âge qui érige des barrières entre Livia, 15 ans, et Jean, la quarantaine, dans la fiction Ça brûle.

Que ça soit par le biais du documentaire ou de la fiction, la cinéaste met une nouvelle fois en scène des histoires de croyance, de luttes quotidiennes des personnages pour réaliser ce à quoi ils croient (en l’occurrence, leurs histoires d’amour).
Il faut entendre Manon, du haut de ses 15 ans , déclarer sans faillir que Greg est assurément l’homme de sa vie, qu’ils vont se marier d’ici quelques années puis avoir des enfants. De la même manière, l’incandescente Livia est persuadée que le beau pompier (Gilbert Melki) qui l’a secourue après sa chute de cheval va obligatoirement succomber à son charme et lui tomber dans les bras même s’il est visiblement heureux en ménage.
Qu’importent les obstacles, les personnages de Claire Simon foncent et vont de l’avant quitte à ne pas en mesurer les conséquences (comme Magali dans Sinon, oui ; Livia finira par devenir une « criminelle » malgré elle).

Dans un style qui privilégie les plans très serrés, au plus près des visages et de la peau ; la cinéaste fait corps avec des personnages qui cherchent à plier le Réel à leurs désirs.

Malheureusement, le Réel se charge souvent de remettre les pendules à l’heure.
Lorsque Claire Simon fait la remarque à sa fille (car Manon est sa fille) qu’elle est sans arrêt pendue à son téléphone portable, elle lui dit également que cette « connexion » permanente avec ses amis l’empêche de regarder autre part, de véritablement être ailleurs. Dans cette petite conversation banale entre une mère et sa fille se dessine tout le drame des personnages qu’affectionne la cinéaste : des individus qui voient le monde à travers l’oeillère d’un désir absolu (sauver une PME, devenir mère, vivre une grande histoire d’amour…) et qui n’envisagent absolument pas qu’il puisse exister d’autres points de vue, une réalité « autre » contre laquelle va se heurter leur croyance.

Cette « réalité », elle est criante dans 800 km de différence : outre la séparation géographique, Claire Simon met bien valeur les différences sociales entre les deux adolescents. Manon, avec son mignon petit minois et ses jolis débardeurs, est la petite poupée parisienne qui profite de ses vacances tandis que Greg est debout à trois heures du matin pour travailler à la boulangerie avec son père. Tandis que l’adolescente a, visiblement, déjà beaucoup lu (Camus, Alain-Fournier et d’autres classiques), l’enfant du coin se passionne surtout pour les rallyes et son permis de chasse. Il y a quelque chose d’émouvant dans cette histoire d’amour où les adolescents croient sincèrement à l’éternité de leurs sentiments tandis que tout dans la réalité semble les séparer...

Dans ça brûle, Livia joue les petits soldats et se montre de plus en plus insistante pour approcher Jean et lui déclarer sa flamme (sans mauvais jeu de mots). Mais là encore, le Réel se charge de placer des barrières qui dépassent même la simple différence d’âge. Il est d’ailleurs notable que Claire Simon ne cherche pas ici à dérouler le scénario classique de la Lolita qui fait chavirer le cœur d’un homme plus âgé. Jamais le pompier ne semblera troublé ou attiré par l’adolescente qui va, de son côté, à la manière de Magali dans Sinon, oui, perdre peu à peu les pédales et se couper totalement de la réalité.
Là réside sans doute la différence majeure entre le film documentaire et la fiction.
Dans 800 km de différence, aussi touchante soit-elle, la passion de ces deux adolescents est montrée sous un jour quotidien et presque « sinistre ». Rien de plus conformiste, en effet, que le désir de Greg et Manon de former un couple « normal », bien installé dans la vie (on peut d’ailleurs se demander si dans la démesure de leur foi, les personnages de Claire Simon ne recherchent pas tout simplement la normalité : faire tourner une entreprise dans Coûte que coûte, devenir mère de famille dans Sinon, oui…). Et rien de plus effrayant que ces jeunes gens prématurément vieillis qui se donnent du « mon cœur » ou qui reprochent à l’autre de manger alors que l’heure du dîner approche !

Dans Ca brûle, Claire Simon utilise la fiction non pas pour s’éloigner du Réel (le film est assez juste dans sa manière de filmer les copains de Livia, ces jeunes désœuvrés en été qui traînent en scooters)  mais pour pénétrer plus avant dans l’esprit de ses héroïnes et donner à ses films une dimension métaphorique que le documentaire ne permet pas forcément. Le feu du titre, qui est celui de la passion qui dévore Livia, va être traduit de manière visuelle dans un final assez étonnant, à la fois très « réaliste » (je me demande comment ces scènes ont été tournées : Claire Simon a-t-elle profité de véritables feux de forêt ?) et totalement symbolique, aboutissement logique d’un sentiment de plus en plus prégnant chez la jeune fille (qui, quelques temps auparavant, avait offert au soleil sa poitrine nue en disant « ça brûle »).

Encore une fois, le documentaire et la fiction sont étroitement imbriqués chez la cinéaste : dans 800 km de différence, Manon et Greg s’inventent une « fiction » (leur éternel amour) alors que la réalité semble démontrer le contraire (je suis assez curieux de savoir comment a fini leur histoire, si elle s'est terminée…). Dans ça brûle, la fiction n’empêche pas une vision assez fine de la jeunesse et des sentiments qui peuvent éclore dans ces jeunes poitrines.
C’est ce mélange, cette « impureté » qui fait le prix du cinéma (parfois un peu inégal, reconnaissons le aussi) de Claire Simon… 
 

Vincent Roussel
 





























LES FILMS
  • DVD 1

    800 KMS DE DIFFÉRENCE/ROMANCE (2001, 78 mn)
    Sujet : Manon a 15 ans. En vacances, elle a rencontré Greg, 17 ans. Lui habite Claviers, petit village du Haut Var, elle Paris. Greg et Manon sont amoureux. Portrait d’un jeune homme dans le monde qui l’entoure quand sa petite amie est là, quand leur histoire existe et s’affronte à l’histoire et à la géographie.

    Avec : Manon Garcia, Grégory Mutti
     


  • DVD 2

    CA BRÛLE (2006, 111 mn)
    Avec
    : Camille Varenne, Gilbert Melki, Kader Mohamed, Marion Maintenay, Morgane Moré
    Sujet
    : Le 24 juin dans le Sud de la France, Livia 15 ans se relève d’une violente chute de cheval grâce à l’aide d’un pompier, Jean Susini, dont elle tombe amoureuse. L’adolescente seule et contrariée va tout tenter pour conquérir cet homme plus âgé pour lequel elle éprouve une passion de plus en plus brûlante...


 

LES DVD

2 DVD 9 - PAL - Zone 2 - Couleurs
Image & Son
:
Format: 1, 85
Langue(s): Français Dolby SR
Sous-titres :
Italien/ Italien, Anglais (facultatifs) 

BIO-FILMO de CLAIRE SIMON

Biographie

Née à Londres .Elle apprend le cinéma par le biais du montage, et tourne parallèlement des courts-métrage de manière totalement indépendante. Parmi ses films les plus remarqués, on se souvient de « La police » en 1988 ou de « Scènes de ménage » avec Miou Miou, en 1991. Elle découvre la pratique du cinéma direct aux Ateliers Varan et réalise plusieurs films documentaires : « Les Patients », « Récréations », et « Coûte que coûte » qui seront primés dans de nombreux festivals. Ces deux derniers films sortiront en salle, signes d’une nouvelle école documentaire dans le cinéma français.
En 1997, elle présente à la Quinzaine des réalisateurs son premier long métrage de fiction « Sinon oui », histoire d’une femme qui simule une grossesse et vole un enfant. Elle réalise pour Arte un film avec les élèves du TNS au parlement européen, « Ça c’est vraiment toi », mi fiction mi documentaire qui recevra au festival de Belfort les grands prix du documentaire et de la fiction. Après une expérience théâtrale, elle renoue avec le documentaire en tournant « 800 km de différence/romance » et « Mimi » (festival de Berlin 2003) tous deux sortis en salle.
Son deuxième long métrage de fiction : « Ça brûle » est présenté à la Quinzaine des réalisateurs en 2006.

Filmographie

2008 LES BUREAUX DE DIEU- Sélection Quinzaine des Réalisateurs
2006 ÇA BRÛLE- Sélection Quinzaine des Réalisateurs
2004 EST-CE QU’ON A GAGNE OU EST-CE QU’ON A ENCORE PERDU ? (cm)
2002 MIMI
2001 800 KILOMETRES DE DIFFERENCE / ROMANCE
1999 ÇA C’EST VRAIMENT TOI
1997 SINON OUI - Sélection Quinzaine des Réalisateurs
1995 COÛTE QUE COÜTE
1993 COMMENT ACHETER UNE ARME (cm) / HISTOIRE DE MARIE (cm)
1992 RECREATIONS  / ARTISTE PEINTRE (cm)
1991 SCENES DE MENAGE (10 cm)
1989 LES PATIENTS
1988 LA POLICE (cm)
1980 TANDIS QUE J‘AGONISE (cm)

 Sources :  www.clairesimon.fr


 ARTICLES ASSOCIÉS
 • Rencontre avec Claire Simon (février 1998)
 
Coûte que coûte & Sinon, oui de Claire Simon (chronique dvd)
 
Les bureaux de Dieu de Claire Simon (chronique dvd)

 

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