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BOUZKACHI,
LE CHANT DES STEPPES

de Jacques DEBS

  • Conte mystique
  • France / Ouzbékistan - 2009
  • Durée: 1h30
  • Sortie à la vente le 3 décembre 2009
  • Éditions Bodega

 

SYNOPSIS
Il était une fois Mohabat. Elle aime Ali et Oulougbey, deux champions de Bouzkachi, mais ne sait pas lequel des deux choisir. Pressée de toutes parts, elle décide d’épouser le vainqueur du tournoi de Bouzkachi qui aura lieu à Boukhara. Ali traverse les steppes, Oulougbey s’élance de la haute montagne. Le premier jour Ali l’emporte, le deuxième, Oulougbey l’emporte. Qui gagnera le cœur de Mohabat le troisième jour ?
POINT DE VUE
Le bouzkachi, quezaco ? Un jeu antique, autrefois pratiqué par Alexandre le Grand, Gengis Khan et Tamerlan, où s’affrontent encore aujourd’hui différentes tribus d’Asie centrale dans la poussière de ses steppes arides. Le vainqueur désigné est celui qui, à dos de cheval, réussit à s’emparer d’une chèvre morte, à échapper à ses poursuivants et parvient à décrire un cercle autour d’eux. Enjeu supplémentaire ici : les champions de bouzkachi en lice, Ali et Oulougbey se disputent également le cœur hésitant de la jeune tisseuse Mohabat, leur amie d’enfance.






Pour relater cette histoire qui ne repose certes pas sur un suspens haletant, Jacques Debs a préféré adopter la structure du conte, à mi-chemin entre documentaire et fiction. Elle lui permet de donner à son film une teneur universelle, en racontant « une histoire de passion intemporelle entre l’homme et la femme, entre l’animal et l’homme, entre les vivants et notre « mère nature » », précise-t-il. Plusieurs narrateurs-relais prennent ainsi en charge le récit de ce film hybride. Outre le triangle amoureux déjà évoqué, un conteur vêtu de bleu commente l’action tout en récitant des poèmes et en entonnant des chants en farsi façon chœurs grecs ; un portraitiste lituano-polonais, Stasys, s’attèle à peindre une immense fresque colorée recelant une multitude de miniatures persanes, au rythme des arrêts des personnages venus poser pour lui. Des pauses qui sont autant de trêves dans la conduite du récit.





Les paysages et les monuments de Boukhara dont on pressent pourtant qu’ils ont amoureusement inspiré le réalisateur lui ont suggéré un dispositif de mise en scène des plus alambiqués. Pour montrer les liens quasi-passionnels qui unissent les hommes à leurs chevaux et à la nature rocailleuse et aride, il a installé des mini-caméras sur les têtes des chevaux pendant le bouzkachi, sensées nous faire vivre le combat au plus près, « aussi bien du point de vue du cavalier que du cheval ». Un mélange d’images surprenant, qui place au même rang hommes et chevaux, d’autant plus que les uns ne font guère l’objet d’une caractérisation plus poussée que les autres. Si Jacques Debs insiste sur l’énergie et la sensibilité créatrices de ces hommes, pourquoi maintenir cette non-distinction gênante, sinon curieuse ?      


L’entrelacs de miroirs qui cerne les personnages lors de leur prise de parole reflète surtout le procédé lui-même, qui empêche quelque peu l’accès à la rêverie et contribue à les faire apparaître dans toute leur cinégénie, malheureusement sans aller au-delà. Jacques Debs semble s’être laissé happé par la beauté de ceux qu’il filme, par la profusion de couleurs des tissages, des pastels, des corsages des joueurs et même du sable, au détriment de ce qu’il y raconte et de ce qu’il s’y passe vraiment, c’est à dire, il est vrai, peu de choses. C’est donc le rythme qui en souffre et ne cesse de flotter étrangement - et assez péniblement pour tout dire - entre accompagnement patient du voyage des compétiteurs, plans contemplatifs et onirisme, lorsque le conteur s’envole au-dessus de Boukhara. Malgré l’envoûtante musique « chamanique », portée par l’Islandais Sverrir Gudjonsson, le film, lui, a du mal à décoller. Même l’élan épique des combats a le souffle court.

 
 
Laura Le Gall
 

 






















FICHE TECHNIQUE
  • LE FILM

    Réalisation & scénario: Jacques Debs
    Image
    :
    Rifkat Ibragimov
    Son: Denis Lefdup
    Montage
    :
    Maureen Mazurek
    Musique: Sverrir Gudjonsson, Volkan Gumuslu
    Production: Films d'Ici
    Avec
    :
    Stasys Eidrigevicius, Ali Choriev, Dilbar Gunayeva
BONUS


         



* Making of  (50')



*Bouzkachi, le concert (28 min)
Lors de l’avant-première de Bouzkachi, le chant des steppes, à Paris, les musiciens Burhan Oçal, Volkan Gümüslü et Sverrir Gudjonsson interprètent en direct la musique originale du film.




+ Le Cd Audio de la musique originale
composée par Burhan Oçal avec le contre-ténor Sverrir Gudjonsson



LE DVD
Image : 16/9 compatible 4/3 – Format 1.77
Son : Dolby Digital 5.1 VO
Sous-titres : Français



 

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