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Mercredi, 07 Juillet 2010 00:00
BRIGHT STAR

de Jane Campion

 

SYNOPSIS
Fanny Brawne rencontre le poète John Keats au moment où celui-ci publie son premier recueil. Elle fabrique des robes et lui des poèmes, et ils tombent éperdument amoureux l’un de l’autre. La jalousie de Brown, ami de Keats, la pauvreté du poète, puis sa maladie, viennent assombrir le tableau de leur amour.
POINT DE VUE

Un amour adulte

Dans Portrait de femme, Jane Campion avait trouvé, entre le maniérisme et le réalisme psychologique, un point d’équilibre ensorcelant. Sans abandonner certains effets de style (décadrages, halos de flou, rayons de lumière directs venant traverser des pièces obscures, grands angles), elle les fait, dans Bright Star, plus discrets et plus justes. Elle est aidée par le sujet du film, moins grand que celui de Portrait de femme, qui s’éparpillait un peu entre ses différents personnages et leurs désirs croisés, leurs complots etc., ainsi que par ses acteurs, inconnus (en tout cas en France), moins prévisibles qu’une Kidman ou qu’un Malkovich, et tous extraordinaires.

Bright Star raconte magnifiquement une simple et belle histoire d’amour. C’est la chose la plus risquée qui soit. D’abord parce que l’histoire du cinéma craque sous le nombre d’histoires d’amour. Or, il faut souligner et se représenter que, cette fois, c’est une femme qui la raconte.
Risquée aussi parce que l’amour, si c’est un bonheur, n’a pas d’histoire. Bright Star n’échappe pas à la règle qui veut qu’une histoire d’amour raconte toujours l’impossibilité d’un amour. Keats et Fanny se fréquentent, s’aiment, mais toujours entre eux les ombres de l’insuccès de Keats, de la jalousie de Brown, de la misère, de la maladie et de la mort viennent s’immiscer. Et pourtant, on sort de Bright Star avec le sentiment de l’avoir vu, cet amour, naître et s’épanouir.

L’idylle entre Keats et Fanny Brawne se déploie  tout particulièrement grâce aux regards des personnages « secondaires » (je mets le mot entre guillemets car leur densité à tous et leur absolue nécessité dramatique et formelle en font des personnages bien plus importants que ça). Leur amour est vu comme du coin de l’œil (car qui ose fixer du regard un couple qui s’embrasse ?) et ces regards discrets, gênés, bienveillants, inquiets de la mère de Fanny, de son frère ou sa sœur, ou de M. Brown, définissent la valeur et l’intensité de cet amour. De sa naissance à sa conclusion, cet amour est fou, il est incandescent, il est innocent, il est serein, il est intraitable : ainsi parlent ces regards. Tout l’art de Jane Campion – et dans Bright Star il est à son sommet – réside dans la précision avec laquelle elle dispose, tout autour de son couple, ces contrepoints.

La nouveauté fondamentale, chez Jane Campion  comme chez Catherine Breillat, c’est que la femme n’est plus vampire ou vierge, créature innocente ou monstre. Elle n’est plus dévoreuse ou dévorée, soit à craindre soit à plaindre. Elle est un être qui sent, qui pense et qui choisit. Dans Une vieille maîtresse de Breillat, l’homme était rendu à ces lâches fantasmes. Bright Star va plus loin : l’homme y est assez femme et la femme assez homme, c’est-à-dire que chacun y fait assez de chemin vers son aimable opposé, pour qu’enfin on puisse parler d’un amour adulte.   



Mehdi Benallal
















FICHE TECHNIQUE
  • LE FILM

    Réalisation & scénario
    : Jane Campion

    Image
    : Greig Fraser
    Musique : Mark Bradshaw
    Costumes et décors : Janet Patterson
    Production : Jan Chapman, Caroline Hewitt
    Avec :
    Abbie Cornish (Fanny Brawne)
    Ben Whishaw (John Keats)
    Paul Schneider (M. Brown)
    Kerry Fox (Mrs Brawne)
BONUS



NOTRE AVIS :
Cette édition est généreuse en bonus. Trois courts métrages tâtonnants et émouvants, datant du début des années 1980, accompagnent Bright Star. Peel et Passionless Moments relèvent des moments anecdotiques et fugaces où se laissent voir, comme en ombres chinoises, les sentiments des êtres. A Girl’s Own Story, dédié aux Beatles et à « l’esprit des années 60 », plus long et plus ambitieux, raconte quelques épisodes cruels de la vie d’une adolescente solitaire et mal-aimée.
/ MB


* A Girl Own's Story (26 minutes)
court métrage de Jane Campion (1984)



* Passionless Moments (10 minutes)
court métrage de Jane Campion (1983)



* Peel (8 minutes)
court métrage de Jane Campion (1982)

 

* Deux scènes coupées

* Bande-annonce

* Galerie de photos

LE DVD
DVD 9 - PAL - Zone 2 - couleur
Image & son:
Format : 1.85  
Ecran : 16/9 compatible 4/3
Langue(s):  VO anglaise et version française en 5.1 Dolby Digital
Sous-titres: français


 

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